Par Louise :
L'enfance
Qu'ils étaient doux ces jours de mon enfance
Où toujours gai, sans soucis, sans chagrin,
je coulai ma douce existence,
Sans songer au lendemain.
Que me servait que tant de connaissances
A mon esprit vinssent donner l'essor,
On n'a pas besoin des sciences,
Lorsque l'on vit dans l'âge d'or !
Mon coeur encore tendre et novice,
Ne connaissait pas la noirceur,
De la vie en cueillant les fleurs,
Je n'en sentais pas les épines,
Et mes caresses enfantines
Étaient pures et sans aigreurs.
Croyais-je, exempt de toute peine
Que, dans notre vaste univers,
Tous les maux sortis des enfers,
Avaient établi leur domaine ?
Nous sommes loin de l'heureux temps
Règne de Saturne et de Rhée,
Où les vertus, les fléaux des méchants,
Sur la terre étaient adorées,
Car dans ces heureuses contrées
Les hommes étaient des enfants.
Gérard de Nerval, Poésie de jeunesse
Par Manon :
Le Cancre
Il dit non avec la tête
mais il dit oui avec le coeur
il dit oui à ce qu'il aime
il dit non au professeur
il est debout
on le questionne
et tous les problèmes sont posés
soudain le fou rire le prend
et il efface tout
les chiffres et les mots
les dates et les noms
les phrases et les pièges
et malgré les menaces du maître
sous les huées des enfants prodiges
avec des craies de toutes les couleurs
sur le tableau noir du malheur
il dessine le visage du bonheur
Jacques PRÉVERT, Paroles
Par Azilis :
A une jeune fille
Vous qui ne savez pas combien l'enfance est belle,
Enfant ! n'enviez point notre âge de douleurs,
Où le coeur tour à tour est esclave et rebelle,
Où le rire est souvent plus triste que vos pleurs.
Votre âge insouciant est si doux qu'on l'oublie !
Il passe, comme un souffle au vaste champ des airs,
Comme une voix joyeuse en fuyant affaiblie,
Comme un alcyon sur les mers.
Oh ! ne vous hâtez point de mûrir vos pensées !
Jouissez du matin, jouissez du printemps ;
Vos heures sont des fleurs l'une à l'autre enlacées ;
Ne les effeuillez pas plus vite que le temps.
Laissez venir les ans ! Le destin vous dévoue,
Comme nous, aux regrets, à la fausse amitié,
A ces maux sans espoir que l'orgueil désavoue,
A ces plaisirs qui font pitié.
Riez pourtant ! du sort ignorez la puissance
Riez ! n'attristez pas votre front gracieux,
Votre oeil d'azur, miroir de paix et d'innocence,
Qui révèle votre âme et réfléchit les cieux !
Victor Hugo, Odes et ballades
Les créations personnelles des élèves :
Souvenirs,
Passé qui se meurt, présent qui sourit,
Devant toutes ces lueurs d'une enfance sans soucis,
Méfiance et violence ne peuvent troubler cet esprit,
Qui voyant toutes ces horreurs, s'en irait le coeur meurtri,
Toutes ces odeurs qui nous ont suivis,
A travers un bonheur infini,
Tous ces sourires, ces éclats de rire,
Au fond, c'est peut-être ça la perle de nos souvenirs.
Daphné et Délia
Insouciance,
Je me sens rayonnante, allongée dans cette herbe verdoyante. Cette clairière est entourée d'arbres. Ma cabane au toit de fougères se trouve non loin d'ici. A moi, petite fille orpheline, seule cette nature me redonne le sourire. J'entends un ruissellement provenant de la rivière dans laquelle je trouve souvent des émeraudes. Ils me rappellent la prunelle des yeux de ma défunte mère. Mais, aux moments où je me sens mal, je retourne dans cette clairière qui me rend rayonnante.
Lucie
S'il y avait un âge heureux, ce serait celui de l'enfance,
Ses matins lumineux débordants d'espérance,
Où le coeur encore neuf ignore la souffrance,
S'il y avait un âge heureux, ce serait celui de l'enfance,
Où tout est merveilleux, où rien n'a d'importance,
Pourquoi fuit-il ainsi en laissant peu de chances ?
Et lorsqu'il est parti, s'envole soudain notre insouciance.
Cécile et Marilia
Jour après jour
Jour qui se suit,
Enfant qui grandit,
C'est comme une île de bonheur
Enfant qui s'assagit
Jour qui se suit,
Enfant qui rit,
Qui ne faiblit, même après des heures
Enfant sans soucis,
Jour qui se suit,
On change de pays,
Jour qui se suit,
Enfant meurtri,
L'Enfance remplit mon coeur,
Enfant qui crie,
Jour qui se suit,
L'Enfant est parti,
Pour moi, c'est la plus belle des fleurs,
Enfant : Hymne de la vie.
Hippolyte
Poème sur l'enfance
Ce que l'on appelle enfance,
Ce qui nage dans l'ignorance,
Ce qui est fait d'insouciance,
N'est en réalité qu'une danse,
Un ballet de ballerines
Qui éloigne ou élimine
Les problèmes de la vie,
Efface sa monotonie,
Une mise en scène éphémère
Qui ne peut que plaire
Faite de rayonnants sourires
Après lesquels on ne cesse de courir.
L'enfance n'est que simplicité
De l'esprit mais aussi du geste :
Entre jeu et sieste,
Il suffit de peu pour exister.
L'enfance, son ignorance, son insouciance,
C'est cette valse des libertés
Face à laquelle l'adulte montre son impuissance,
Un pas, une mesure qu'il ne peut rattraper.
What we call the childhood,
What swims in ignorance,
What is made by freedom from care,
Is in reality only a dance.
A ballet where entrechats and small steps
Get involved with enjoyment int the laughter in the brightness.
A choreography of ballerinas
Which takes away or eliminates
The problems of the life,
Erase its dullness.
A short-lived direction
Which can only please
Made by smiles
After which we don't stop running.
The childhood is only simplicity,
Of the spirit but also the gesture:
Between game and nap,
Is enough few for existing.
The childhood, its ignorance, its freedom from care,
It's this waltz of liberties
In front of which the adult shows his powerlessness,
A step, a measure which he can't catch up.
Leïdja
Huit ans
J’avais huit ans,
C’était l’été chez mes grands-parents.
J’avais huit ans
Et je perdais toutes mes dents
Comme un enfant,
Mais je voulais être grand.
J’avais huit ans,
Je mangeais tout le temps
Les « Dragibus » qui collent aux dents,
Ces bonbons que j’aimais tant.
J’avais huit ans,
Je bâtissais patiemment
Des châteaux de sable blanc,
A la prochaine vague réduits à néant.
J’avais huit ans,
Nous étions tous insouciant,
Nous jouions gentiment
De ces jeux amusants,
Que seuls parviennent à imaginer les enfants.
C’était l’été de mes huit ans,
J’étais chez mes grands-parents.
Eight years
I was eight,
It was the summer at my grandparents.
I was eight
And I lost all my teeth
As a child,
But I wanted to grow up.
I was eight,
I ate all the time
The "Dragibus" that stick to teeth,
These candies that I loved so much.
I was eight,
I built patiently
White sand castles,
Destroyed at the next wave.
I was eight,
We were all carefree,
We played nicely
Of these fun games,
Only managed to imagine the children.
It was the summer I was eight years,
I was at my grandparents.
Riwan
Kindertijd
vol vrijheid,
open naar de toekomst,
een ongeschreven blad.
Kindertijd
vol blijheid,
rennende voetjes
zingende stemmen,
vroeg in de morgen,
geheel vrij van zorgen.
Kindertijd
vol angst,
voor een onzekere toekomst,
een voorgetreden pad.
Kindertijd
vol onbegrip,
fluisterende stemmen,
sluipende voetjes,
vroeg in de morgen,
op weg naar meer zorgen.
L'enfance
pleine de liberté,
ouverte vers l'avenir,
une feuille encore blanche.
L'enfance
pleine de joie, des pieds qui courent,
des voix qui chantent,
tôt le matin,
sans aucun soucis.
L'enfance
pleine de crainte,
d'un avenir incertain,
un chemin déjà entamé.
L'enfance
pleine d'incompréhension,
de voix qui chuchotent,
des pieds qui rampent,
tôt le matin,
sur la route vers de plus grands soucis.
Morgan
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